- Détails
- Création : 12 février 2025
- Mis à jour : 25 avril 2026
- Publication : 12 février 2025
- Affichages : 638
SARLAT
Jean-Claude SEGUIN
Sarlat, ville du département de la Dordogne (France), compte 6061 habitants (1894).
1896
Le Cinématographe (Place de la Petite-Rigaudie, <5> décembre 1896)
Sur la Petite Rigaudie, à l'occasion de la foire grasse, qui commence le lundi 7 décembre, plusieurs attractions et baraques se retrouvent sur la Petite et la Grande Rigaudie dont un cinématographe:
Parmi les attractions qui encombrent la Petite-Rigaudie nous citerons aussi le Cinématographe (photographie animée.)
Le Cinématographe reproduit avec une merveilleuse exactitude tous les mouvements d'une personne en marche, d'un cheval au trot, d'un train arrivant en gare eet déversant ses voyageurs sur le quai, d'un groupe dansant un quadrille ou exécutant une manoeuvre quelconque, etc.
C'est un spectacle très curieux et absolument nouveau à Sarlat.
Le Sarladais, Sarlat, samedi 5 décembre 1896, p. 1.
Le cinématographe reste après la fin de la foire malgré le mauvais temps :
Quoique contrariée par un temps assez maussade, notre foire de lundi dernier avait attiré quantité d'étrangers dans notre ville.
[...]
Nous avons énuméré dans notre précedent numéro les attractions de la foire; nous n'y reviendrons donc pas aujourd'hui.
Du reste, les industriels, marchands, femmes colosses, etc., ont déjà quitté Sarlat.
Cependant il nous est resté le Cinématographe, une création toute nouvelle, qui jouit d'une vogue pleinement justifiée. Le Cinématographe ne se contente pas de reproduire les objets pris par l'appareil photographique, il les anime, les fait vivre aux yeux des spectateurs surpris, pour qui l'image devient une réalité.
L'Union sarladaise, Sarlat, dimanche 13 décembre 1896, p. 2.
1898
Le Biographe de V. Pajot (Place de la Petite-Rigaudie, 4-18 décembre 1898)
Victor Pajot présente son Théâtre des Fantoches Holden et son Biographe en décembre :
Demain dimanche, sur la place de la Petite Rigaudie, ouverture du théâtre des Fantoches Holden, venant de la foire de Bordeaux où il a obtenu un très grand succès. Loge élégante et très confortable, au sujet de laquelle la France s'est exprimée ainsi:
"M. Pajot fils, le directeur de l'établissement est le seul possesseur des fantoches Th. Holden dont les exploits dépassent tout ce qu'on peut imaginer et qui ont obtenu de si rententissants succès au Cristal Palace de Londres. C'est un spectacle unique en son genre que nous recommandons à nos lecteurs et à nos lectrices".
Le programme comporte trois parties de spectacle: 1º une charmante féerie; 2º les fantoches Holden; les clowns de Londres; 3º le biographe.
Prix des places: réservées, 1 fr. 25; premières, 1 fr.; secondes, 0 fr. 50; troisièmes, 0 fr. 30.
Le Sarladais, Sarlat, samedi 3 décembre 1898, p. 2.
Les pièces pour marionnettes sont renouvelées fréquemment :
Le théâtre des Fantoches, installé sur la place de la Petite-Rigaudie, continue la série de ses représentations et donnera samedi et dimanche L'Enfant Volé et La Tour de Nesle.
Le Sarladais, Sarlat, samedi 10 décembre 1898, p. 1.
La presse signale que le succès est au rendez-vous :
Le théâtre des Fantoches installé sur la place de la Petite Rigaudie, obtient chaque soir un succès fou. Mardi dernier la direction a dû refuser du monde.
Aujourd'hui soirée de clôture avec le programme suivant: L'enfant volé; attractions par les célèbres Fantoches Holden's, débuts des Jorris Howdis, nègres burlesques et de Sinbat le marin, La Fée des Eaux, Ballet-féerie; projections lumineuses.
L'Union sarladaise, Sarlat, dimanche 11 décembre 1898, p. 2.
Le public répond toujours présent et Victor Pajot prolonge de quelques jours ses représentations :
Le théâtre des Fantoches de M. Pajot, obtenant un succès croissant, a prolongé d'une semaine son séjour à Sarlat. La vogue de cet établissement est des plus justifiée, par le luxe de la mise en scène et l'habileté consommée des manipulations de ces charmants petits personnages. C'est un spectacle qui amuse autant les grandes personnes que les enfants.
Le théâtre des Fantoches doit nous quitter demain pour se rendre à Périgueux. Avis aux retardataires.
L'Union sarladaise, Sarlat, dimanche 18 décembre 1898, p. 2.
1903
Le Royal Cinématograph Américain (Place de la Petite-Rigaudie, 31 janvier->1er février 1903)
Le Palais des Merveilles s'installe sur la place de la Petite-Rigaudie. Son Royal Cinématographe Américain présente des vues animées :
Depuis hier est installé sur la place de la Petite-Rigaudie le Palais des Merveilles, établissement confortable, offrant au public des attractions qui ont obtenu à l'exposition de Paris un très vif succès.
Voici quelques numéros du programme: Les Visions artistiques; Les Illusions nouvelles; Danses lumineuses, par Mlle Andréani; Transformations, apparitions, métamorphoses; Projections lumineuses; Le Royal Cinématograph Américain, scènes comiques, scènes d'illusions, transformations féeriques, etc., etc.
Spectacle tous les soirs à huit heures. La salle est chauffée.
L'Union sarladaise, Sarlat, dimanche 1er février 1903, p. 2.
1906
Le Cinématographe de José Fessi Fernández (Place Lakanal, [20]-28 octobre 1906)
José Fessi Fernández organise un spectacle nommé "Les arènes espagnoles" et présente également des vues animées :
Les arènes Espagnoles.-Senor Fernandez est arrivé à Sarlat: il a fait installer sa rotonde sur la place Lakanal.
Le spectacle offert par Senor Fernandez est, croyons-nous, peu banal et ne s'est vue qu'à Paris, à l'hippodrome Bostock qui, comme on sait, est le plus grand établissement de la capitale et où tous les spectacles se trouvent réunis: l'hippodrome Bostock est à la fois Théâtre, Music-hall, Cirque et Ménagerie.
Senor Fernandez a été engagé par M. Bostock, (Mars, Avril et Mai derniers), à raison de 6.000 francs par mois. Et Lagartijo, Frascuelo, Mazzantini, Guerrita, Machaquito et Minuto, ces six taureaux sortant de la Ganederia [sic] la plus réputée d'Andalousie, ont été pendant trois mois le clou des soirées de l'hippodrome Bostock.
Ces six superbes bêtes nous ont paru merveilleusement dressées. Nous les avons vues abandonner subitement la botte de foin qu'elles mangeaient à l'écurie de l'hôtel Desplat, pour tomber à genoux devant leur dompteur, au seul appel de leurs noms:
- Lagartijo ! Frascuelo ! Mazzantini! Guerrita! Machaquito! Minuto!
Et successivement les six taureaux tombaient prosternés aux pieds de Senor Fernandez.
Le spectacle comprend aussi un cinématographe qui reproduit les principales scènes émouvantes qui ont eu lieu récemment dans le monde entier.
Les prix des places étant des plus abordables, - 1 franc et 50 centimes - nous croyons pouvoir prédire à M. Fernandez un très gros succès.
les débuts auront lieu ce soir samedi, à 8 heures.
Le Sarladais, Sarlat, samedi 20 octobre 1906, p. 2.
Les dernières séances ont lieu une semaine plus tard :
Les arènes espagnoles.-Nous n'avons pas à faire ici un long compte rendu de ce spectacle qui sort tout à fait des limites de la banalité, car tout Sarlat l'a vu et tout Sarlat voudra le revoir une dernière fois, ce soir samedi, ou demain dimanche.
Nous connaissons déjà le cinématographe: plusieurs impresarios nous l'avaient exhibé. Mais il faut bien convenir que jamais scènes plus nouvelles et se projetant aussi nettement ne nous avaient été exposées. Le cinématographe de Senor Fernandez est de beaucoup supérieur à tous deux que, jusqu'à présent, il nous a été donné de voir.
Mais ce qui surprend le plus, c'est le spectacle - non pas, comme l'on dit par erreur plusieurs de nos confrères, d'une course sauvage et sanglante de piccadors ou de banderilleros poursuivant sans répit une malheureuse bête qui ne cherche que la porte menant à sa tranquille étable - c'est le spectacle stupéfiant de six taureaux obéissant au moindre mot de senor Fernandez, avec une docilité que n'ont jamais montrée les plus doux chiens savants.
Le succès sans précédent qu'obtint Senor Fernandez à l'hippodrome Bostock ne nous surprend plus. Senor Fernandez montre un spectacle absolument nouveau.
Senor Fernandez quitte Sarlat après-demain lundi, et se met en route pour Bordeaux dont le public va l'acclamer. Il donnera deux représentations à St-Cyprien et au Bugue; il restera une semaine à Bergerac, une autre à Libourne et arrivera enfin à Bordeaux où il retrouvera la consécration que seule peut donner la grande ville.
Représentations de cloture irrévocable ce soir samedi et demain dimanche à huit heures précises.
Le Sarladais, Sarlat, samedi 27 octobre 1906, p. 2.