- Détails
- Création : 19 mai 2024
- Mis à jour : 5 avril 2026
- Publication : 19 mai 2024
Henri DAVID "de MAYRENA"
Jean-Claude SEGUIN
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Charles, Marie David (1780-1868) épouse (1809) Anne, Élisabeth, Sophie Maitrié (1786-1818). Descendance:
- Léon, Jacques, Albert David (Dusseldorf-Paris 1er(a), 07/12/1856) épouse (Toulon, 03/04/1837) Marie, Anne, Marguerite, Baptistine Thunot (-< 1890). Descendance :
- Albert, Jean, Baptiste, Edmond, Romaric David (Toulon, 09/01/1838-1914) épouse (Châteauroux, 04/08/1885) Marie, Emilie, Victoire, Léa Mallebay (Châteauroux, 19/03/1851-1890)
- Auguste, Jean, Baptiste, Charles, Marie David alias "de Mayréna" (Toulon, 31/01/1842-Kuala-Krompin, 11/11/1890) épouse Maria, Francisca Avron. Descendance:
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- Yvonne de Mayréna ([1872]-) [épouse Moelly].
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- Marie, Jean, Baptiste, Louis Raymond David alias "de Mayréna" (Paris 2e, 23/01/1848-) épouse (Paris 9e, 25/08/11879) Clémence, Jeanne, Albertine Eymard (Metz, 03/09/1854-Paris, [23]/02/1893)
- Marie, Jean, Baptiste, Louis Henri David alias "de Mayrena" (Paris, 01/01/1850-Monaco, 17/07/1929)
- épouse (Varsovie, 1880) Lasserre
- épouse (Paris 17e, 22/06/1897. div. 13/11/1902) Juliette, Maria Ballée (Paris, 27/12/1873-)
- Louis, Charles David
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Fils d'un lieutenant de vaisseau, Henri David dit Henri de Mayréna accompagne son frère aîné, Charles-Marie David, en Cochinchine dans le cadre d'une exploration scientifique mandaté par le Ministère de l'Instruction Publique (5 décembre 1884). Les deux frères débarquent du Vinh-Long à Saïgon le 23 mai 1885. Pourtant, la mission tourne court et Henri va rester à Saïgon où il gagne le surnom de "Le Baron". Il rentre finalement en France, en 1887, par le Melbourne alors que son frère va finalement, en 1888, se fait élite roi de Sedangs sous le nom de Marie 1er.
| Charles Marie David de Mayréna. Né le 31 janvier 1842. Parti en mission pour Sumatra et le royaume d'Atjeh. Le 15 avril 1885. (Société de Géographie) | |
En octobre 1888, Henri de Mayréna va publier, sous le pseudonyme "Monsieur. Frère du Roy", dans Le Figaro un récit consacré au roi Marie, Le Royaume de mon frère. Dans les années qui suivent, la presse, à plusieurs reprises, va confondre le nom des deux fères. Au cours des années 1890, le nom d'Henri de Mayréna est associé au théâtre :
Sob o titulo -Mascara de Ferro-escrevia II. de Mayréna, em Pariz, uma revista, que seria representada brevemente.
Gazeta de Noticias, Rio de Janeiro, mardi 10 janvier 1893, p. 2.
Il prend également en charge le secrétariat de l'Olympia:
M. de Mayrena est chargé du secrétariat de l'Olympia, et M. Jean Oller, de celui du Moulin-Rouge, en remplacement de M. Gros qui, on le sait, cumulait les deux fonctions.
La Liberté, mercredi 14 novembre 1894, p. 3.
Il occupe ces fonctions jusqu'en février 1896, date à laquelle il donne sa démission :
Nous recevons la lettre suivante:
"Bien que cela n'ait pas beaucoup d'intérêt pour le public, je tiens à faire savoir que j'ai donné à mon nouveau directeur, M. A. de Lagoanère, ma démission de secrétaire général de l'Olympia. Je reste au Jardin de Paris avec M. Oller, que je serais désolé de quitter.
Bien à vous.
H. DE MAYRÈNA.
Le National, samedi 8 février 1896, p. 3.
En mai, il est encore à Paris :
Aperçu hier Henri de Mayréna, l'aimable frère du feu roi des Sedangs, boulevardier invétéré devant l'Eternel.
Cycliste, lui aussi ! Tous, ils le sont devenus, tous, tous !
Le Vélo, mardi 5 mai 1896, p. 1.
Au mois de juillet 1896, à Buenos Aires, un certain "Enrique de Mayrena" présente un appareil cinématographique au nom étrange, le "vivomatógrafo" que l'on ne trouve nulle part ailleurs.
Le nom d'Henri de Mayrena ne réapparaît qu'en 1901 date à laquelle il loue le cirque des Champs-Élysées :
Location du cirques des Champs-Elysées
M. René Piault, au nom des 3e et 4e Commissions.-Je vous prie de vouloir bien statuer d'une façon définitive sur la location du cirque des Champs-Élysées. En exécution de la précédente décision du Conseil les 3e et 4e Commissions se sont réunies et ont examiné les projets présentés par les divers cours; après avoir pris l'avis de M. le directeur des services d'Architecture et M. le directeur des services d'Architecture et M. le directeur des Affaires municipales, et vous proposent d'accepter le projet présenté par M. de Mayrena, et j'ai l'honneur de vous demander de voter le projet de délibération suivant:
"Le Conseil,
"Vu le rapport présenté par M. René Piault, au nom des 3e et 4e Commissions,
"Délibère:
"Article unique.-M. Le Préfet de la Seine est autorisé à faire bail a M. Henri de Mayrena, tant en son nom personnel qu'au nom et comme se portant fort d'une société actuellement en formation et qui devra être constituée définitivement avant la signature dudit bail, de l'établissement sis aux Champs-Élysées et connu sous le nom de Cirque d'Éte et Cirque Palace.
Ledit bail sera établi sur les bases du cahier des charges approuvé par une précédente délibération du Conseil municipal, en date du 22 mars courant.
Bulletin municipal officiel, Paris, lundi 1er avril 1901, p. 1243.
En 1904, Henry de Mayrena devient directeur-rédacteur pendant quatre mois La France d'Asie. organe des intérêts français en Extrême-Orient. il écrit avec Fernand Ganesco la revue Saïgon-Dolant, représenté au théâtre de Saïgon, le 9 avril 1904. En 1916, Le Midi Colonial et Maritime consacre un portrait à Henri de Mayrena :
Silhouettes Indochinoises
Monsieur frère du Roi
Henri de Mayrena.-Digne frère du roi des Sedangs, célèbre dans les annales funambulesques de l'Indochine, mais plus habile, et plus pratique, ne fut pas le tyran d'un jour d'une peuplade sauvage: régna toute sa vie sur les Cochinchinois qu'impressionnèrent son allure imposante, sa parole et ses manières séduisantes. Sa superbe taille, sa belle tête au nez crochu, à la barbe opulente d'apôtre de Véronèse, en faisaient, à la table où il avait le talent de s'inviter, la silhouette la plus décorative.
Fit de fréquents séjours en Cochinchine, n'ayant pour principale ressource que l'hospitalité fraternelle de quelque Ganesco, pas du tout dupe de son parasitisme, mais en étant, au contraire, amusé. Mayrena, installé chez le regretté Ganesco, dont l'esprit étincelant a laissé en Indochine un sillage ineffaçable, y commandait en satrape, et, quand le maître du logis ne rentrait pas à l'heure du repas, se mettait à table, et, à son arrivée, accablait d'invectives le retardataire. Et Ganesco pouffait de rire !
Mayrena était la terreur des chefs de provinces, auxquels il s'imposait par son intimité avec le Directeur du bon Rodier. Mayrena exigeait que Ganesco lui fit connaître toutes les Résidences de Cochinchine. Tous deux étant venus à Tayninh, chez l'aimable administrateur C... Celui-ci ayant tué un lièvre le matin, Mayrena lui dit aussitôt: "Ah ! Il y av du gibier dans votre province ! Je viendrai la semaine prochaine, mon cher administrateur, passer huit jours chez vous, et je chasserai. J'adore la chasse !" Que répondre ? "Mais venez donc, cher Monsieur, vous me ferez plaisir 1" Et la semaine suivante le frère du Roi venait s'installer à Tayninh, chez l'administrateur C... comme un roi chez son suzerain. Il critiquait tout, donnait des conseils, ordonnait même des modifications dans le train de la maison, à tel point que les vieux journaux ne semblant pas dignes du service le plus intime de sa personne royale, il fit venir de Saïgon, aux frais de son amphitryon, plusieurs rouleaux de papier hygiénique.
Se vantait d'avoir été l'ami d'une actrice célèbre, encore applaudie aujourd'hui sur une scène parisienne. Retiré sur la Côte d'azur, le patron d'hôtel lui consent un rabais pour sa figuration de grand seigneur dans l'établissement. Sa tête superbe provoque la curiosité et attire. Les voyageurs de marque lient conversation avec lui ; il connaît tout, a fréquenté la haute aristocratie parisienne, ne tarit pas en anecdotes et amuse... Bientôt, comme en Indochine, on le prie à dîner, on en fait un compagnon de promenade, d'excursion, et on ne le quitte jamais sans regrets.
Le Midi colonial et maritime, Marseille, jeudi 21 septembre 1916, p. 1.
En 1928, dans un article publié par Louis de Robert consacré à Jeanne Granier, l'auteur évoque brièvement Henry de Mayrena :
A cinq heures, le lundi, j'étais exact au rendez-vous. Le garçon de bureau me fit traverser une salle où plusieurs hommes debout, parmi lesquels je reconnus M. de Mayrena, ami de Jeanne Granier, me dévisagèrent, avec curiosité. M. Henry de Mayrena était un homme grand qui avait tout petits pieds, une longue barbe brune et soyeuse, un nez fin, quelque chose d'aisé, d'élégant dans la tournure et que je trouvais, sans le connaître, fort sympathique. Mais, je n'eux pas le temps de faire de longues réflexions, car je venais d'être introduit dans le cabinet du secrétaire de la rédaction.
Les Nouvelles littéraires, artistiques et scientifiques, Paris, samedi 12 mai 1928, p. 5.
Installé à Monaco, Henri David de Mayrena décède en 1929.
Sources
Henri DAVID DE MAYRENA, "Le Royaume de mon frère", Le Figaro, Paris, samedi 27 octobre 1888, p. 1-2.
J. MARQUET, "Marie 1er", Bulletin des amis du vieux Hué, 14e année, nº 1-2, janvier-juin 1927.