Famille COMY

Esprit COMY
(Montpellier, 1846-Ivry, 1909)

Pierre COMY
(Montpellier, 1864-Paris, 1904)

Jean-Claude SEGUIN

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Pierre Comy épouse Françoise Gros. Descendance :

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Les origines (1864-1897)

Fils de Pierre Comy, négociant en vin, Esprit Comy fréquente les salles de théâtre alors qu'il n'est encore qu'un jeune homme. Son intérêt pour la scène le conduit aussi à avoir quelques déboires avec la justice :

Esprit Comy, âge de 22 ans, négociant, né et domicilié à Montpellier, inculpé d'avoir, dans la soirée du 3 octobre 1862, à Montpellier, dans la salle du théâtre, outragé par paroles un magistrat de l'ordre administratif dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, a été condamné à 25 francs d'amende.


Le Furet, Montpellier, 9 novembre 1862, p. 4.

Il épouse Julie, Sophie Maurel en 1863 et l'année suivant naît Pierre Comy.

Peu après, il se retrouve directeur de l'Alcazar Lyrique de Marseille (Cours Belzunce, 48-50) salle inaugurée en 1857 sous la direction d'Etienne Demolins :

ALCAZAR LYRIQUE
Cours Belzunce, 48 et 50.
Grandiose et immense salle, style mauresque pouvant contenir 2.000 personnes : splendides galeries pouvant contenir 500 personnes.
Concerts tous les soirs.
Esprit Comy, directeur, domicile cours Belzunce, 50.


Annuaire de Marseille, 1868, p. 123.

comy esprit alcazar marseille 1857
L'Alcazar Lyrique de Marseille
Le Monde illustré, Paris, 19 décembre 1857,p. 16.

Sous la direction d'Esprit Comy, l'Alcazar Lyrique devient l'un des hauts lieux de l'art du mime avec Charles Deburau, jusqu'en 1871, puis Louis Rouffe, entre 1874-1885). Esprit Comy découvre également Félicien Trewey comme le rapporte le mime Séverin :

Comy, directeur de l'Alcazar de Marseille, fut attiré au Café Vivaux par les succès de Rouffe. D'ailleurs, dans ce bas concert, au milieu de ce quartier de luxure, dans cette Suburre marseillaise, aux maisons éclairées de grosses lanternes rouges, Comy trouva souvent des artistes et non des moindres. Sur ces tréteaux de "beuglant", il vint chercher Plessis, "l'homme aux trente-six têtes", qui fit fureur ensuite à Paris et dans toute la France. C'est là aussi qu'il découvrit Trewey, le jongleur équilibriste, que nul n'a égalé en adresse, finesse et grâce.


SÉVERIN, 1929:41.

Le 25 juin 1873, un incendie détruit le théâtre.

comy esprit 1873 le monde illustre
Incendie de l'Alcazar de Marseille
Le Monde illustré, Paris, 5 juillet 1873, p. 4.

Témoin au mariage de Louis Rouffe (2 décembre 1875), Esprit Comy va faire l'acquisition du théâtre des Folies-Montholon à Paris :

Vente par Charles Durécu, directeur du théâtre des Folies-Montholon, demeurant 7, rue Rochechouart, à Julie Sophie Maurel, propriétaire, femme autorisée d’Esprit Vital Canny, directeur de l’Alcazar de Marseille, demeurant à Marseille (Bouches-du-Rhône), d’un fonds de commerce de café-concert connu sous le nom de théâtre des Folies-Montholon, sise 7, rue Rochechouart, pour la somme principale de 12000 francs ; dont transport de bail, descriptif des lieux.


Notaire Antoine, Juste, Alphonse THOMAS. 3 février 1877. cote : MC/ET/VII/864. Archives Nationales de France.

Esprit Comy en prend possession le 1er juillet 1877. Un journaliste de L'Orchestre lui consacre quelques lignes :

PROPOS DE VILLE ET DE THÉÂTRE
Après avoir dirigé un grand concert de Marseille, M. Esprit Comy vint prendre à Paris la direction des Folies Montholon - un petit théâtre, dont M. Loyson devait faire plus tard une cathédrale pour rire.
J'y allai un soir et je trouvai M. Esprit Comy, - en habit noir et en gilet à cœur, - qui arpentait magistralement le vestibule. Il commença par me débiner la façon d'administrer de son prédécesseur, Charles Durécu, qui est pourtant des plus intelligents, et me jura que, lui, il saurait faire fortune rue Rochechouart, - ah ! mais !...
J'entrevis la salle y j'y remarquai une dizaine de garçons de café assis tranquillement sur une banquette à côté les uns des autres. C'était très pittoresque, ce qui n'empêcha pas M. Comy (Esprit) de passer bientôt la main à l'ex-père Hyacinthe et d'entrer comme administrateur aux Folies Bergère. De là, il s'en alla à Bruxelles fonder un très bel établissement dans le genre de celui de M. Sari ; il lui donna le nom d'Éden et réussit complètement, - si complètement que voilà qu'à présent les Edens vont pulluler à Paris.
Tant mieux ! Au moins, comme cela, les bons Belges ne pourront plus dire : "Si Paris, il avait seulement un Eden, ce serait un petit Bruxelles, - pour une fois, sais-tu, Monsieur !"


L'Orchestre, Paris, 1er janvier 1881, p. 15.

comy esprit folies montholon
Jules Cheret. Folies-Montholon, Concert-Spectacle. 7 rue Rochechouart. Paris.

En effet, Esprit Comy, après sa fonction d'administrateur aux Folies-Bergère, va reprendre l'Eden-Théâtre de Bruxelles dès 1880. Son fils, Pierre Comy, travaille avec lui :

EDEN-THÉATRE (Bruxelles)
L'Eden-Théâtre complète la liste des spectacles de Bruxelles. Cette salle, qui est située rue de la Croix-de-Fer, peut être éclairée au gaz ou à la lumière électrique, à volonté.
Un jardin d'hiver et un jardin d'été lui sont annexés.
Directeur : M. E. Corny [sic].- Secrétaire général : M. Franz Mahutte. - Régisseur général : M. Sacré.- Peintre-décorateur : M. P. Comy.- Chef d'orchestre : M, Nazy.
Il est difficile de donner le détail de la troupe de l'Eden-Théâtre, cette troupe variant constamment. Quant au répertoire, il se compose de pantomimes, excentricités, chansonnettes de genre, saynètes, exercices de clowns et d'acrobates, prestidigitateurs, magnétiseurs, musiciens burlesques, spectacles à machinations, féeries, panoramas, en un mot, l'intérêt dans la variété.


Le Figaro, Paris, mercredi 19 septembre 1883, p. 6.

comy esprit eden bruxelles
Eden Théâtre (Bruxelles)
Le Globe Illustrée, 1887.

Outre ses activités de peintre-décorateur, Pierre Comy écrit également des pantomimes :

Quand j'aurai dit que l'Eden joue depuis quelques jours, avec grand succès, une très amusante pantomime en deux actes de Pierre Comy, musique de M. Nazy, et que M. Joseph Dupont annonce quatre concerts populaires à la Monnaie, dont le premier aura lieu le 7 décembre, j'aurai fait le bilan des théâtres bruxellois.


L'Événement, jeudi 6 juin 1884, p. 3.

Il décore en outre les théâtres d'Avranches et de Saint-Malo, ainsi que l'Alhambra de l'avenue de Clichy à Paris. Son père, Esprit Comy, se lance dans une nouvelle aventure, dès le mois de décembre 1888, en inaugurant le théâtre des Fantaisies Nouvelles (32, boulevard de Strasbourg) :

Les Fantaisies-Nouvelles, boulevard Strasbourg, ce charmant concert des familles que dirige si habilement M. Corny, obtient la plus grande vogue, tous les soirs, avec des interprètes hors ligne, tels que : M. Pétrus, un artiste de grand avenir et Mme Valmonti, que le public rappelle chaleureusement dans ses excellentes créations.


Le XIXe siècle, Paris, dimanche 20 janvier 1889, p. 3.

Pendant six ans, les Fantaisies Nouvelles vont connaître un réel succès, ce qui justifie qu'Esprit Comy se décide à renouveler le bail pour six ans :

M. Comy, l'aimable directeur des Fantaisies-Nouvelles, nous informe qu'il vient de renouveler son bail pour SIX ANNÉES, et qu'à cette époque le bail sera de nouveau prolongé pour un très long laps de temps. D'importants travaux seront exécutés, et M. Comy, après fortune faite, passerait la main à son fils, qui, déjà, s'occupe du Concert et brosse tous les décors des Fantaisies-Nouvelles.
Ajoutons que, cette prochaine saison, M. Comy montera des pièces en deux et trois actes (comme à la Fourmi) et qu'il jouera quelques vaudevillisites modernes, M. Victor Karl, l'habile metteur en scène, étant d'avis de faire des infidélités au vieux répertoire.


Le Nouveau Journal, samedi 1er septembre 1894, p. 1.

L'idée de transmettre la direction des Fantaisies Nouvelles à Pierre Comy est donc déjà présente dès 1894.

Fantaisies Nouvelles.- Le Beau Dunois, l'opéra-bouffe de Chivot et Duru est un succès, je dirai plus, un triomphe pour MM. Daguerre, Bouton, Hyacinthe, France et Dattigny. Tous nos compliments à M. Victor Karl, l'intelligent metteur en scène, et au décorateur, M. Pierre Comy.L'Écho des jeunes, 15 mai 1893, p. 79.

Le cinématographe (1897-1898)

Au cours de l'été 1897, la maison Lumière va se lancer dans l'édition de 27 vues animées dont l'impression est prévue à Paris. Ce sont des vues à caractère historique pour une part et des vues comiques pour les autres. Le théâtre des Fantaisies Nouvelles va fournir les décors et la maison Stelmans, les costumes :

Nous avions les décors du théâtre des "Fantaisies Nouvelles" qui venaient avec des voitures à bras. C'était BEAUVAIS qui traînait la voiture à bras et qui était souffleur de l'Odéon qui était un ancien cabot. On montait les décors. Pendant ce temps là, on allait chercher les costumes. Les acteurs arrivaient. On les habillait.


HATOT, 03/1948: 18-19.

Si le choix s'est porté sur cette salle, peut-être est-ce, tout bonnement, parce qu'Esprit Comy connaît depuis longtemps Félicien Trewey, ami par ailleurs d'Antoine Lumière

 

 

 

E. Comy est directeur du Concert des Fantaisies Nouvelles.

 

 C’est un certain Commis qui l’a peint », dit Hatot. Je n’ai compris que récemment que « Commis » devait être une erreur de transcription pour Comy. Émile Comy était le directeur du Théâtre des Fantaisies Nouvelles, auprès duquel Hatot et Breteau se procuraient leurs décors. J’étais cependant perplexe à l’idée que cet éminent et très expérimenté metteur en scène puisse lui-même peindre les décors de ses productions. La réponse m’est apparue lorsque j’ai découvert qu’il avait un fils, Pierre, peintre spécialisé dans les décors de théâtre. Il a travaillé avec son père à l’Éden-Théâtre de Bruxelles dans les années 1880, puis pour plusieurs théâtres parisiens dans les années 1890, dont les Fantaisies Nouvelles. C’est donc à Pierre Comy qu’il faut attribuer les décors des films Hatot-Breteau réalisés pour Lumière en 1897 et 1898. Hatot et Breteau ont également réalisé des films pour Gaumont en 1898. Une lettre de Léon Gaumont, datée du 4 juin 1898, fait référence à un contrat entre eux et est adressée à Hatot, Breteau et Comy, c'est-à-dire Georges, Gaston et Pierre

 

 

1896

FANTAISIES-NOUVELLES.-Beaucoup de monde pour applaudir l'opérette de Chivot et Duru, le Beau Dunois, appelée à un tel succès qu'elle tiendra encore probablement l'affiche cette semaine : décors nouveaux, d'un très heureux effet, et signés Pierre Comy, costumes d'une indiscutable fraîcheur, interprétation de tout premier ordre.Le Nouveau Journal, Paris, 12 septembre 1896, p. 2.

Les Visitandines: opéra-comique. Décors de Pierre Comy. L'Echo des Jeunes, 15 novembre 1896, p. 218.

Voici la lettre en question :

4 juin 1898
Messieurs Comy, Hatot et Breteaux, aux bons soins de Monsieur Dobigny, 252 r. du fg. Sat. Martin, E.V.
Nous venons vous accuser réception de votre lettre du 28 mai, nous sommes d'accord sauf toutefois sur le point suivant que vous avez cru devoir ajouter & qui ne figure pas sur les premières conventions que vous avez signées & dont je tiens les originaux à votre disposition.
Vous nous demandez maintenant en effet de nous interdire de faire exécuter des bandes cinématographiques ; scènes de genre par exemple, sans votre concours. En tant que Maison d'Édition nous ne pouvons absolument pas accepter cette réserve que nous n'aurions même pas discutée si vous nous en aviez parlé au début de vos visites lorsque vous êtes venus nous proposer vos scénarios.
Avant d'aller plus loin soyez assez bons de nous dire par courrier que vous reconnaissez le bien fondé de la présente & que nous nous en tenons à nos premières conventions.
Dans l'attente de vous lire, recevez, Messieurs, nos salutations empressées.
L. Gaumont & Cie.


CORCY Marie-Sophie, Jacques Malthête, Laurent Mannoni et Jean-Jacques Meusy, Les Premières Années de la société L. Gaumont et Cie, Paris, Association française de recherche sur l'histoire du cinéma/Bibliothèque du Film, Gaumont, 1998, 496 p. 341-342.

Mais rien ne permet de renforcer cette hypothèse...

Le courrier de Léon Gaumont nous informe cependant sur les relations qui, dès le 4 juin 1898, existent entre lui, . De fa

Sources

Cinémathèque Française, Les Débuts du Cinéma, Souvenirs de M. Hatot, 15 mars 1948, CRH52-B2

Cinémathèque Française, HATOT, 26 juin 1948, CRH54-B3.

"Hatot-Breteau: two Lumière filmmakers in Paris c. 1897", The Cine-Tourist [https://www.thecinetourist.net/hatot-breteau-1897.html]

SÉVERIN, L'Homme blanc, Paris, Librairie Plon, 1929, 308 p.

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