- Détails
- Création : 25 mars 2015
- Mis à jour : 11 avril 2026
- Publication : 25 mars 2015
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LIBOURNE
Jean-Claude SEGUIN
Libourne, commune du département de la Gironde (France), compte 17.857 habitants (1894)
1897
Le Cinématographe (Place Decazes, 25->25 juillet 1897)
La fête du Quartier-Nord a lieu le dimanche 25 juillet et un cinématographe est au nombre des distractions prévues. Dès le 22 juillet, la presse annonce même quelques titres de vues :
Libourne.
[…]
Fête du quartier Nord.— Déjà les préparatifs du quartier Nord sont commencés. Le comité tient à ce que tout soit prêt longtemps à l’avance.
Le directeur du cinématographe nous a communiqué le titre de quelques-unes des vues qu’il projettera dimanche soir : L’arrivée d’un Train de Plaisir, la Chute du Rhin à Schaffouse, le 24e Chasseurs alpins à l'Assaut d'un Mur, les Pigeons de la Place Saint Marc à Venise, le Repas des Tigres, un Combat de Coqs, une Tempête en Mer (Biarritz), un Duel au Pistolet, les Bains de Diane, etc., etc.
Nous ne pouvons tout citer. Il est évident que le cinématographe amènera au champ de foire des curieux en foule, et, de leur côté, les danseurs trouveront satisfaction avec l’excellent orchestre de M. Pastureau.
Plus de quatre-vingt-dix lots sont exposés chez M. Quentin, et les billets disparaissent. Avis aux retardataires.
Allons ! si le temps se met de la partie, les pauvres peuvent compter sur une bonne recette.
La Petite Gironde, Bordeaux, 22 juillet 1897, p. 3.
Les films annoncés appartiennent au catalogue Lumière. Le cinématographe est installé dans un local sur la place Decazes :
Cinématographe.-Tous les soirs séance de cinematographe, dans le local occupé autrefois par le Café Gervais, place Decazes. L'appareil dont se sert l'opérateur est du dernier modèle perfectionné. Nous engageons nos concitoyens à aller voir fonctionner ce curieux instument.
La Chronique, Libourne, 25 juillet 1897, p. 2
Le temps n'est pas le seul à contrarier la fête du quartier Nord, car le cinématographe lui-même ne fonctionne pas :
Libourne.
Fête du quartier Nord.-Réussite complète. Le temps a été dimanche menaçant toute la journée, mais rien que menaçant.
[...]
Le programme portait une attraction presque inconnue à Libourne : des projections au cinématographe ; malheureusement et par un concours de circonstances vraiment fâcheux, cette partie du programme n'a pu être remplie, à la grande contrariété des organisateurs...
La Petite Gironde, Bordeaux, 28 juillet 1897, p. 3.
1898
Le Cinématographe lyonnais (Place Decaze, <27 mars->7 avril 1898)
Sur la place Decaze, le cinématographe lyonnais propose des vues animées pendant la Foire des Rameaux :
Place Decaze.-Le Cinématographe lyonnais, qui vient de s'installer, à l'occasion de la foire, est certainement l'une des attractions appelées à obtenir la faveur du public.
Grands et petits voudront connaître cet ingénieux moyen de reproduire la photographie animée et vivante en grandeur naturelle. La collection comprend une grande quantité de tableaux fort intéressants, dont les séries seront renouvelées tous les trois jours.
Pour les débuts, demain dimanche:
L'arrivée du Président de la République à Saint-Pétersbourg, le Président passant devant la garde d'honneur, défilé d'un régiment d'artillerie à la revue, le 24e chasseurs alpins (saut d'obstacles), etc., etc.
Prix des places : 0,50 et 0,30 centimes.
La Chronique, Libourne, dimanche 27 mars 1898, p. 2.
1901
Le cinématographe de M. Giel (Salle des Pompiers, 27 avril 1901)
M. Giel donne une séance cinématographique à la fin du mois d'avril :
Séance de cinématographie.-Le samedi 27 courant, à 8 h. 1/2, salle des Pompiers, sera donnée, par M. Giel, de Paris, une séance de cinématographie. Il sera soumis au public une quarantaine de tableaux : voyage autour du monde, les Pompiers avec incendie et sauvetage, scène militaires et vues comiques, tous fort intéressants.
Prix des places : premières, 1 fr.; secondes, 75 c. ; troisième, 50 c.
La Chronique, Libourne, dimanche 21 avril 1901, p. 2.
La séance est confirmée quelques jours plus tard :
Séance de cinématographie.-
Nous rappelons que c'est ce soir samedi, qu'a lieu, à 8 h 1/2, salle des Pompiers, la séance de projections animées au moyen du cinématographe que nous avons annoncée dans notre numéro dernie paru. Le spectacle se composera de 40 tableaux divisés en 4 séries : voyage autour du monde ; les pompiers ; les chasseurs alpins ; une noce et les cuirassés ; les vues comiques.
M. Giel ne donnera dans notre ville que cette seule représentation. Il a, en effet, fait annoncer sa venue, à Saint-Emilion pour le lundi 29 ; le mardi 30 à Castillon ; le mercredi 1er mai à Sainte-Foy.
La Chronique, Libourne, dimanche 28 avril 1901, p. 2.
Un bref compte rendu est publié peu après :
Séance de cinématographe.-
La séance de projections lumineuses donnée, samedi soir, par M. Giel, dans la salle des Pompiers, a été fort intéressante. Elle a eu chez nous le succès que cet impresario a accoutumé d'obtenir dans les nombreuses villes visitées par lui.
La Chronique, Libourne, jeudi 2 mai 1901, p. 3.
1904
Le Grand Cinématographe (Place Decaze, <10> novembre 1904)
Le Grand Cinématographe propose des vues animées à l'occasion de la Foire :
A la foire
Seuls le Grand Cinématographe et le Théâtre Pérès-Chabot retiennent l'attention du public.
L'établissement du Cinématographe possède un appareil vraiment unique où la trépidation, toujours si désagréable dans les projections, est complètement supprimée. Le cinématographe est certes connu de tous, mais il ne nous avait pas été donné d'en foir avec une mise au point si parfaite qu'actuellement sur la place Decaze.
La Chronique, Libourne, jeudi 10 novembre 1904, p. 2.
Le Grand palais de l'électricité d'A. Bonnet (<10> novembre 1904)
Le Grand Palais de l'Électricité d'A. Bonnet présente des vues animées en novembre :
Grand palais de l'Electricité
Après les succès remportés aux foires de Bordeaux, et dont toute la presse n'a cessé de faire des éloges, le Palais de l'Electricité a tenu à venir dans notre ville affirmer une fois de plus sa supériorité au point de vue cinématographique. En effet, par les tableaux présentés : La Grève, drame social, en cinq tableaux ; La Mátamorphose du papillon, (Loïe Fuller) : La Chasse au sanglier, des scènes mililtaires et à transformations comiques, etc., etc., nous avons pu constater les derniers perfectionnements du cinématographe sans aucun scintillement. Pour éviter l'encombrement qui s'est produit dimanche dernier, il est prudent de retenir ses places à l'avance. Le Palais de l'Electricité n'est installé que pour huit jours seulement dans notre ville, aussi nous recommandons à notre bon public d'aller se rendre compte de ce beau spectacle qui mérite d'être vu.
La Chronique, Libourne, jeudi 10 novembre 1904, p. 2.
Le Diocinescope de la foire de la Saint-Martin (novembre 1904)
C'est à l'occasion de la foire de la Saint-Martin que les Libournais découvrent un appareil cinématographique à vision directe et à projections, le Diocinescope audiphone, version actualisée et sonore du Diocinescope.

Maison Clermont. L. Huert, Sr, Le Diocinescope, c. Publicité 1903
Le nom de l'appareil ne nous permet pas de savoir les films qui sont proposés, ni leur origine. La presse ne s'attarde guère sur ce cinématographe qui ne figure que comme l'une des attractions parmi d'autres:
La foire de la Saint-Martin
A l'occasion de la foire toujours si suivie de la St Martin, qui s'ouvrira vendredi prochain à Libourne, un grand nombre de loges figurent sur la place Decazes et les allées.
Signalons comme étant déjà installés : Le Théâtre Pères-Chabot, fort avantageusement connu, le Palais de l'Electricité, le Tunnel-Salon, le Moulin-Canadien, un petit manège, le Diocinescope audiphone, etc... Viennent ensuite des balançoires, des loteries de vaiselles, des tirs cosmopolites ou autres, des tirs encore et, autour d'une arène de luttes, diverses baraques d'exhibitions plus ou moins vagues.
Les baraquements des allées de la République sont entièrement occupés par des marchands de bonbons, d'articles de bazar, de lingerie, etc...
Nous compléterons cette petite revue anticipée en signalant à nos lecteurs ruraux qu'en venant à la foire de la St-Martin, ils auront, outre les distractions ci-dessus mentionnées, les meilleures occasions de faire de bonnes affaires soit dans les magasins des marchands libournais, soit sur le champ de foire des bestiaux et chevaux, toujours fort bien approvisionnés.
Gazette du Libournais, Libourne, 9 novembre 1904, p. 2.
Nous ne connaissons pas davantage le nom du propriétaire du Diocinescope-audiphone. À la fin de la foire, le forain et l'appareil disparaissent.
1905
Le Cinématographe (Café de l'Orient, 29->29 juillet 1905)
Le Cinématographe du café de l'Orient présente des vues quelque peu suggestives :
Place Decazes
Hier soir, un cinématographe installé devant le Café de l'Orient offrait aux promeneurs de tout âge et de tout sexe de la place Decazes des spectacles par trop suggestifs.
Il nous paraît que des scènes de ce genre devraient être réservées aux seuls consommateurs des cafés, leur pudeur n'ayant pas à s'en alarmer.
Le Café de Paris, à Périgueux, avait demandé à la Municipalité de cette ville la faveur d'installer sur sa terrasse un cinématographe pareillement décoletté ; le Conseil, sur la réclamation du public, s'est opposé à cette exhibition.
Et il a bien fait.
La Chronique, Libourne, dimanche 30 juillet 1905, p. 2.
Le Palais de l'Électricité de M. Bonnet (novembre 1905)
M. Bonnet est une figure connue des origines du cinématographe. Ce forain a racheté le "Palais de l'Électricité" à Estanislao Bravo, lui-même forain espagnol, qui a passé plusieurs années sur les champs de foire de France. C'est d'ailleurs à l'occasion de la foire de la Saint-Martin que la presse annonce son arrivée prochaine :
Foires de Libourne.-Un des plus grands succès de nos foires, sera sans contredit "Le Palais de l'Electricité", où M. Bonnet, l'aimable directeur, offrira au public un spectacle tout à fait hors de pair.
Une indiscrétion nous a permis de savoir que, parmi les tableaux qui seront représentées, se trouvent des nouveautés tout à fait exceptionnelles. Pour aujourd'hui nous pouvons annoncer les suivantes :
"Au Pays noir", drame des mines en 8 tableaux; "Dix femmes pour un mari", comédie-bouffe; "Les petits vagabonds", pièce réaliste en 8 tableaux; "La Vendetta en Corse", présentée pour la première fois; "La Catastrophe du chemin de fer au viaduc de St Macaire-Langon; "L'Amant de la Lune", dernière nouveauté; "La Pêche à la baleine", etc., etc.
Nul doute qu'avec un tel programme, "Le Palais de l'Electricité", dont la devise est "Toujours du nouveau, encore du nouveau", ne reçoive une affluence de visiteurs et soit le rendez-vous préféré du public Libournais.
Gazette du Libournais, Libourne, 1er novembre 1905, p. 3.
Chose assez rare, nous disposons d'une partie au moins du corpus du forain. On y retrouve des productions Pathé et une vue locale sur une catastrophe de chemin de fer qui a eu lieu le 25 septembre 1905. Quelques jours plus tard, alors que la foire est sur le point de commencer, le Palais de l'Électricité compte au nombre des baraques, mais elle n'est pas la seule à présenter des vues animées :
Avant la Foire.-Les distractions ne manqueront pas demain samedi et dimanche, à Libourne, pour notre grande foire annuelle de la Saint-Martin, car rarement on y aura vu les loges à spectacle et à exhibitions plus ou moins intéressantes en ausi grand nombre.
Citons au hasard: la grande Ménagerie Alexandre, dont notre correspondant de Coutras nous faisait un si bel éloge ces jours derniers, le Palais de l'Electricité, dont le succès s'affirme chaque soir en de brillantes séances; L'Américan Cinematograph, le Théâtre Josepha, le Théâtres des Merveilles, le Cosmorama, les phénomènes, beautés rares, arènes athlétiques, loteries, manèges, etc, etc.
La foule des visiteurs qui ne manquera pas de venir à cette grande réunion, le temps s'étant mis au beau, n'aura pas lieu de s'ennuyer, tout en ayant toute facilités pour faire ses approvisionnements.
Gazette du Libournais, Libourne, 11 novembre 1905, p. 2.
Malheureusement, le mauvais temps perturbe la foire, et peu de Libournais fréquentent le champ de foire cette année-là.
L'Américan Cinematograph (novembre 1905)
C'est à l'occasion de la foire de la Saint-Martin que l'Américan Cinematograph va présenter des vues animées. Il n'est pas le seul car A. Bonnet, forain bien connu, a installé son Palais de l'Électricité qui offre également des films au public libournais :
Avant la Foire.-Les distractions ne manqueront pas demain samedi et dimanche, à Libourne, pour notre grande foire annuelle de la Saint-Martin, car rarement on y aura vu les loges à spectacle et à exhibitions plus ou moins intéressantes en ausi grand nombre.
Citons au hasard: la grande Ménagerie Alexandre, dont notre correspondant de Coutras nous faisait un si bel éloge ces jours derniers, le Palais de l'Electricité, dont le succès s'affirme chaque soir en de brillantes séances; L'Américan Cinematograph, le Théâtre Josepha, le Théâtres des Merveilles, le Cosmorama, les phénomènes, beautés rares, arènes athlétiques, loteries, manèges, etc, etc.
La foule des visiteurs qui ne manquera pas de venir à cette grande réunion, le temps s'étant mis au beau, n'aura pas lieu de s'ennuyer, tout en ayant toute facilités pour faire ses approvisionnements.
Gazette du Libournais, Libourne, 11 novembre 1905, p. 2.
Au nombre des baraques, on compte également un Cosmorama qui, sans être un cinématographe, est un spectacle visuel très couru à l'époque. Le mauvais temps est de la partie et peu nombreux sont les Libournais qui, cette année-là, vont se rendre au champ de foire.
1906
Le cinématographe (Foire, <5> avril 1906)
À l'occasion de la foire, un cinématographe présente des vues animées :
La foire
Le beau temps est des plus favorables à notre foire des Rameaux, qui ne manquera pas d'être brillante.
De nombreuses attractions, parmi lesquelles le cinématographe tient une place éminente, sont de nature à satisfaire la curiosité de nos visiteurs, qui vont nous arriver en foule, pour la plus grande joie de notre commerce local.
La Chronique, Libourne, jeudi 5 avril 1906, p. 2-3.
L'Américan Cinematograph Electric (Salle des Pompiers, 29-31 décembre 1906)
L'Américan Cinematograph Electric propose des vues années à la fin de l'année :
Ce soir 29, dimanche 30 et lundi 31, dans la salle des Pompiers, seront données d'intéressantes soirées par l'Américan Cinématograph Electric.
Au programme : Un voyage autour d'une étoile ; la Vie au Japon et le Sport Japonais ; le Chemineau de Victor-Hugo ; Dix femmes pour un mari (très comique) ; les Étudiants de Paris (vingt tableaux) ; la Grève, drame social, etc.
Mardi, à 3 heures, grande matinée pour les familles.
Prix des places : Premières, 0 fr. 75 ; secondes, 0 fr. 50.
La Chronique, Libourne, dimanche 30 décembre 1906, p. 2.